J’en aurais beaucoup à dire. J’en dirai peu. Et ce sera décousu. Très beau dehors. Il neige. Je vais y retourner.
Le thème de la “fin du monde”, et des prédictions en général, est vaste et en recoupe d’autres. On peut lire ceci , par exemple, sur les “prophéties” terrifiantes qui ne s’accomplissent jamais, etc., mais ça n’épuise pas la question, loin de là, parce qu’il y a des prédictions, qui se font parfois à l’insu de la personne même qui les exprime, et qui s’accomplissent parfois en très bonne partie; un exemple bien connu : Futility, or The Wreck of the Titan , un court roman écrit par Morgan Robertson, publié en 1898, 14 ans avant le naufrage du Titanic en avril 1912 : les similitudes sont impressionnantes; lire l’article en anglais ici sur Wikipedia.
Paradoxalement, peut-être, du moins apparemment, j’ai beaucoup d’affection pour Cassandre. Elle avait mauvais caractère? Évidemment, mettez-vous à sa place : toutes ses prédictions étaient justes, c’était un don d’Apollon, mais Apollon, pervers, l’avait aussi condamnée à n’être jamais crue parce qu’elle avait refusé de coucher avec le dieu après avoir reçu le don de voir l’avenir .. Depuis, il semble que l’on ait forte tendance à croire n’importe quoi, mais, évidemment, à ne jamais croire ce que dit Cassandre – ou, en d’autres termes, grosse tendance à louper ce qui est vrai .. Observez.
La crédulité est sans bornes (y compris chez bon nombre de soi-disant “sceptiques” de service), et l’esprit humain, bonenfant et souvent très paresseux, a tendance à tout gober, et parfois pendant très longtemps, mais très, très longtemps : La plupart des gens croient encore aux “terreurs de l’An Mil”, alors qu’elles ont été inventées des siècles après l’année 1000 ; une recherche pour la rédaction d’un article dans les années 1970s me l’avait appris et m’en avait convaincu. Cherchez les documents historiques d’époque qui témoignent de ces “terreurs”, juste pour vous amuser..
Bref, donc, je serai. C’est surtout l’expression «fin du monde» elle-même qui retient mon attention.
Et si la «fin du monde» signifiait, contrairement à ce que tout le monde dit, non pas la «fin» du monde au sens courant, mais la finalité du monde, au sens approximatif de «but», une finalité dont le monde serait porteur. Comme un oeuf. La fin du monde serait la révélation de la finalité du monde, son sens. Pour paraphraser Clausewitz, la révélation de la fin du monde serait la continuation de l’Aventure de la Conscience par la Conscience claire et accrue de l’Aventure. (Les naufrages des Titanics rythmeraient, chaque fois, la révélation de la finalité du monde par la destruction des fins immondes dans lesquelles nous nous emprisonnons suicidairement, civilisation, après civilisation, et la nôtre, loin de faire exception, est peut-être la pire de toutes.)
Évidemment, la révélation cyclique de la finalité du monde serait une révélation, ce que signifie d’ailleurs, simplement, le mot «apocalypse». Une surprise, quoi. Une vraie.
Bref, ce ne serait pas le grand couic final qui anéantit tout, mais le déploiement optimum de la source du mystère du Fait par excellence : Il y a quelquechose et non pas plutôt rien. Ce serait, essentiellement, un fait de conscience, prodigieux, oui, mais essentiellement un fait de conscience, et mon feeling est qu’il y a fort à parier que peu de gens, en fait, prendraient conscience de cette finalité au milieu des destructions et des écroulements de moultes vastes et grandiloquentes fadaises qui nous étouffent à l’intérieur d’une sorte de coquille que nous avons contribué à sécréter du dedans. L’air et l’aire commencent à manquer..
L’une des raisons de cette méperception, ou non-perception, c’est que cette finalité du monde serait probablement très peu commercialisable – voire pas du tout; que Tout le monde en parle, par définition, en parlerait pas; que Hollywood bouderait l’truc (au fond, tant mieux). Bref, c’est pas tout le monde qui pigerait (et puis, tant pis, pourquoi pas).
Mais avant comme après la fin, je veux continuer à imaginer, réfléchir, concevoir, explorer, méditer sur les métamorphoses que je peux sentir possibles, accouchables, et tenter de les accoucher, étonnantes, proches, en moi, en nous, hors de nous, la Vie – tout découvrir, tout dévoiler, briser la coque des normes, accéder à des champs de plus en plus étendus de Conscience, goûter la Liberté .. Éprouver de plus en plus profondément la finalité, la vraie, la fin du monde.
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La fin du monde et le fin du monde : Y a-t’il vraiment des avions dans le ciel ?
Pour rester dans le ton des fêtes 2012, voici une bonne étude sur l’invention des terreurs de l’An Mil : L’Histoire d’un mythe : l’invention des terreurs de l’An Mil (pdf) ; Étude et critique historiographique, d’Abbon de Fleury à Richard Landes, par Sylvain Gouguenheim – écrit avant l’an 2000, très vraisemblablement dans les années 1990s.
René Guénon et la duperie des prophéties.
Le Crayon-feutre de ma tante a mis le feu - nouvelle ; L’Agonie d’un Chasseur, ou Les Métamorphoses du Ouatever – novella ;
Ovide : Il existe un très grand nombre de traductions en diverses langues des Métamorphoses et des autres oeuvres d’Ovide ( « Je vais chanter les êtres et les corps qui ont été revêtus de formes nouvelles, et qui ont subi des changements divers .. » ); En voici une : Les Métamorphoses, Ovide, traduction française Villenave, les quinze chants (1806, pdf) (édition pdf contemporaine, comprend uniquement le texte de la traduction française) — La traduction Villenave suivante est en trois tomes et comprend le texte latin original : Les Métamorphoses, Ovide, traduction Villenave et texte latin, Tome_premier (pdf) - Les Métamorphoses, Ovide, traduction Villenave et texte latin, Tome second (pdf) - Les Métamorphoses, Ovide, traduction Villenave et texte latin, Tome trois (pdf) –
Sorel : En 2012, on y censure Dieu et Edith Piaf. En 1971, on y censurait Le Cassé de Jacques Renaud… – Sur Le Cassé de Jacques Renaud, des extraits de critiques. – La Naissance d’un Sorcier – nouvelle, Jacques Renaud. – C’est Der Fisch qui a détruit Die Mauer – nouvelle, Jacques Renaud. – Le Cassé – novella, avec les nouvelles; la vraie version originale; Jacques Renaud. – La Fable de l’homme qui aimait la bière Molson et qui fut victime de trahison; Jacques Renaud. – Jack le Canuck – chanson naïve pour Jack Kerouac – ou poème (sort of); Jacques Renaud. –
Électrodes : Loup, Jacques, et Lucas. Le royaume intérieur de trois. — Électrodes : Loup, Jacques, and Lucas. The inner realm of three. — Réception à la table des nombres. – Accueil, nombres, et autres trucs. – Le chiffre d’ «électrodes» et le chiffre de «verbe» qui n’est pas celui de «verb», ni celui de «logos».. –

Et si la finalité du monde n’était qu’un vaste et grandiloquent canular un peu comme le fin mot de la dive bouteille et que le tout se terminait par un grand rire rabelaisien?
Nietzsche disait la même chose que toi (mais je ne sais plus où, en fait c’est un philosophe qui me le citait verbalement il y a des années) : « À la fin, Dieu rit. » Mira Alfassa , elle , disait qu’«il» aimait toujours mieux nous voir rire que nous voir pleurer. La lila. Chose certaine, plus ça se révèle, plus je comprends que je n’y comprenais pas grand’chose, et plus ça étonne, et plus j’ai envie d’en savoir plus et de croître en conscience. La fin, évidemment, nous tisse tous à tous moments, et l’aiguille, Dieu merci, parfois, se contente de nous chatouiller en rigolant …
La fin est à chaque instant. La fin du monde est maintenant. Les destructions massives, les grandes catastrophes, elles, sont cycliques. Peut-être que ça coïncide avec les moments où la dive bouteille est vide et qu’elle pète en tombant parce qu’on l’échappe ou qu’on la jette – perce (intéressante coquille!) qu’elle est vide. Lendemain de veille. Chose certaine, il y a un grand jeu et c’est un phénomène de Conscience. C’est ce que j’ai expérimenté au fil des dernières quarante années (un peu plus, en fait).
Au plaisir de te relire :-)
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