Épisode 3 – Les Cosmiques amours d’Anode et de Cathode
Les Cosmiques amours d’Anode et de Cathode: Les épisodes sont courts (mais le seront-ils toujours?). Ils sont numérotés… On peut les retrouver par la fonction “recherche”, ou sous la “catégorie” (en descendant un peu, à droite) “Anode et Cathode”, où les épisodes sont archivés “à reculons”, en écrevisse, le plus ancien apparaissant en premier – parce que le programme du blog fonctionne comme ça. [Apparemment, c'est contournable, mais je ne maîtrise pas parfaitement le truc, il me faudra faire des tests - et je suis de tendance "if it ain't broke, don't fix it" ("si c'est pas cassé, répare pas") - surtout en matières d'informatique].
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3
Épisode 3
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Toute la troupe de cavaliers traversa la rivière et aborda la rive où se tenaient Cathode et Saint-Gilles.
Le cavalier de tête se détacha de la petite troupe, mit pied-à-terre et marcha, suivi de sa monture, vers Cathode et son chien.
Une écharpe de soie rouge-orange flottait à son cou. Il portait une sorte de longue robe fendue en quelques endroits, du bassin jusqu’en bas, devant, sur les côtés, vraisemblablement derrière. Il portait un long pantalon foncé. Le cuir de la robe était d’un brun rouge très foncé. Le cavalier portait une sorte de chapeau dont les pans se rejoignaient au-dessus de la tête, un peu comme des mains jointes du bout des doigts – ou comme une sorte de crête. Ou comme une sorte d’aileron de requin.
Le cavalier s’arrêta juste devant Cathode. Son teint était basané, ses joues proéminentes, ses yeux bridés. Il souriait finement. Son visage rayonnait doucement et il semblait très, très heureux, calmement, sereinement, mais profondément, heureux. Ému. Cathode pouvait lire une sorte d’étonnement émerveillé dans son regard. Les yeux du cavalier étaient bruns. Il venait tout juste de parler. Doucement. Cathode l’avait entendu, le cavalier s’adressait à elle. Cathode comprenait la langue. Le cavalier avait légèrement incliné la tête et avait dit, dans sa langue: “Merci…” “Pourquoi?”, demanda Cathode dans la langue du cavalier.
Saint-Gilles faisait aller sa queue en pointant son museau ici et là, autour de lui, et en haletant à côté de sa compagne.
“Vous les avez fait disparaître”, dit le cavalier en regardant autour de lui.
Il tourna la tête vers la rivière. “Et vous l’avez fait revenir”, ajouta-t-il. “Les pillards l’avaient asséchée… Il y a longtemps, très longtemps…” De toute évidence, le cavalier faisait allusion à la rivière. Le cavalier se tourna de nouveau vers Cathode: “Nous pouvons de nouveau habiter le territoire. Grâce à vous…” “Comment savez-vous que c’est grâce à moi?” demanda Cathode. “Nous le savons,” dit le cavalier d’une voix où l’on sentait une pointe d’étonnement, comme si le fait de le savoir allait de soi. “Nous le savons… Comme vous, comme vous quand vous savez…” “Vous devez connaître Anode,” murmura Cathode. “Oui,” répliqua le cavalier. “Où est-il?” demanda Cathode.
Juste à ce moment, Cathode sentit que les choses allaient se précipiter. Il lui faudrait un cheval dans quelques secondes. Elle en voulait un de taille moyenne, une longue crinière, une monture nerveuse et vigoureuse qui ferait vraiment partie d’elle, avec laquelle elle ferait corps. Elle l’aimait déjà. Brun. Terre, sol, couleur de terre, couleur de sol. La monture était là. Devant elle. Une jument. Sellée. Cathode caressa ses joues fortes. Elle caressa la crinière, grasse, fortement odorante. Saint-Gilles aboya. Cathode mit pied à l’étrier, grimpa en s’élançant et en s’emparant des guides. Le cheval recula un peu, hennit. Saint-Gilles aboyait.
“Suivez-nous,” lui dit le cavalier en remontant en selle. Cathode et le cavalier se mirent à galoper en direction de la troupe et de la rivière.
La troupe retraversa la rivière à gué, puis s’ébranla de concert, au trot, puis au galop, en direction de la montagne d’où la troupe avait surgi auparavant.
“Anode…,” murmura Cathode. Elle le sentait tout près. Intimement près. Et lointain. Comme toujours. Elle allait apprendre – réapprendre – des choses. Elle les réapprendrait. Elle les connaîtrait mieux. Elle allait réapprendre des choses sur la terre. Sur le destin de la terre.
Les chevaux filaient vers la montagne.
Le vent tira et écrasa quelques larmes sur les tempes et les joues de Cathode en humectant la commissure de ses lèvres d’une saveur de sel. Le rythme des galops parlait. Disait. Une histoire. En la rythmant. En la rythmant. En la rythmant. Une histoire. Une histoire qui semblait monter des entrailles du sol, une histoire qui résonnait dans la mémoire en la ranimant, une histoire que la fermeté des galops, leur cohérence rythmique, semblaient faire lever des entrailles du temps. Comme si le sol et le temps ne faisaient qu’un.
(À suivre. Il y a toujours une suite, il y a toujours une précédence, la chaîne s’étend sans fin :)
13:54 2009-02-27
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Épisode 4 – À venir.
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